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L'agriculture "raisonnée" à la recherche de ses lettres de noblesse
L’objectif est donc de faire connaître au grand public les modes de productions « raisonnées » - (ph:DR)

L’agriculture « raisonnée » à la recherche de ses lettres de noblesse

L’agriculture « raisonnée »: Les agriculteurs du marché en quête de reconnaissance.

Face à l’exigence grandissante des consommateurs, l’agriculture « raisonnée » tient à adopter des pratiques plus saines. L’agriculture biologique leur fait toutefois défaut et ces derniers peinent à faire reconnaître leurs efforts.

Les médias en parlent peu et pourtant l’agriculture appelée « raisonnée » concerne de nombreuses  exploitations agricoles. Si les extrêmes, à savoir, l’agriculture « intensive » ou au contraire l’agriculture « biologique », sont souvent au centre des conversations, l’agriculture « raisonnée » est très peu connue du grand public.

L’agriculture « raisonnée », qu’est-ce que c’est ?

De nombreux exploitants ont opté pour un mode de production sain dans lequel l’utilisation de produits phytosanitaires est limitée voir inexistante. Les maraîchers et arboriculteurs investissent alors dans du matériel de désherbage mécanique plutôt que chimique. Du côté des éleveurs, les antibiotiques sont remplacés par des méthodes douces comme l’homéopathie.

Dans une interview pour Média24, Dominique Dengreville, producteur laitier en France confie : « Vu la façon dont je produis mon lait avec 95% des aliments produits sur l’exploitation et un cycle vertueux au niveau des effluents des vaches [qui viennent fertiliser les champs de l’exploitation,] je ne vois pas une très grande différence [avec une conduite biologique] ».

Tous ces exploitants agricoles aux pratiques saines sont maintenant désireux de reconnaissance pour leurs efforts et investissements. Malheureusement, aucune charte de production, ni logo ou label n’a été, à ce jour, mis en place ; le consommateur n’a donc aucune information pour différencier un produit issu de l’agriculture « intensive » ou « raisonnée ».

Un souci économique

La production biologique permet une hausse des prix conséquente par rapport au standard. Dans le cas des pratiques « raisonnées », la formation et l’adaptation aux bonnes pratiques agro-environnementales  demandent d’importants investissements et une charge de travail plus lourde. L’objectif est donc de faire connaître au grand public les modes de productions « raisonnées » et leur juste prix.

En France, la nouvelle présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, soulève un point épineux : le souhait des consommateurs de manger des produits de qualité au prix du standard. « Nous avons entendu la demande de produits plus qualitatifs, avec plus de traçabilité et de bio mais tout ceci a un prix. Il faut donc que les consommateurs honorent la commande et soient prêts à acheter plus cher« , avait-elle lancé.

La filière du « raisonné » pourrait tout à fait constituer une troisième voie complémentaire avec une gamme qui, bien qu’un peu plus chère que du standard, reste moins onéreuse qu’une production biologique.

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